Bien plus qu'une technologie, le numérique est un milieu dans lequel la question des traces est fondamentale sur le plan économique. Mais elle est avant tout une question politique, celle des sociétés de contrôle et de leurs nouveaux atours autant que de leurs nouveaux contours. Les mêmes technologies peuvent être le moteur d'une émancipation ou celui d'une aliénation. La notion de furtivité et les possibles qu'elle ouvre pour penser notre rapport à la technologie en général et au numérique en particulier sera au coeur de l'échange entre Léna Dormeau et Alain Damasio.

Intervenants

Damasio

Alain Damasio

Né à Lyon en 1969, Alain Damasio caracole sur les cimes de l’imaginaire depuis la parution en 2004 de son deuxième roman, La Horde du contrevent, Grand Prix de l’Imaginaire. Il explique sa prédilection pour les récits polyphoniques, et pour le travail physique, physiologique de la langue, par un besoin vital d’habiter plusieurs corps, et de se laisser lui-même habiter. Après la réédition par la Volte en 2007 de La Zone du Dehors (Cylibris, 2001), récit d’anticipation inspiré par Michel Foucault, et un recueil de nouvelles, Aucun souvenir assez solide, Alain Damasio publie à La Volte son roman Les Furtifs, qui réunit ses préoccupations politiques, son inventivité de langage et ses innovations typographiques.

Amplement salué par la critique, dévoré par le public, Alain Damasio construit une œuvre rare, sans équivalent dans les littératures de l’imaginaire. Bienvenue au cœur d’un cyclone !

La Horde du contrevent a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2006 et le prix Imaginales des Lycéens 2006. La Zone du Dehors a reçu le Prix Européen Utopiales 2007.

Serf-made-man ? Ou la créativité discutable de Nolan Peskine a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2018 dans la catégorie meilleure nouvelle. (À lire dans le recueil Au bal des actifs).

Les Furtifs a été élu Meilleur Livre 2019 par le magazine Lire, a reçu le prix Libr’à Nous 2020 dans la catégorie Imaginaire et a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2020.

Bibliographie

  A la Volte
  • Les Furtifs
  • La Zone du Dehors
  • La Horde du contrevent
  • Au bal des actifs
  • Aucun souvenir assez solide
  • Le Dehors de toute chose
  • Faites demi-tour dès que possible
  • Le Jardin schizologique
  • Ceux qui nous veulent du bien

Ailleurs

  • Les aiguilleurs du siècle [Éditions Cylibris]
  • Les Hauts Parleurs, Une autre mondialisation en mouvement ?
  • [Mango, Documents]
  • Aucun souvenir assez solide [Galaxies n° 38]
  • Le Bruit des bagues [in L’expansion n°723]
  • So phare away [Galaxies n° 42]
  • Définitivement [in Appel d’Air, Éditions ActuSF (collectif)]
  • Disparitions [in Appel d’Air, Éditions ActuSF (collectif)]
  • La Horde du Contrevent [Éditions Folio SF]
  • L’Orda del vento [Éditions Norde (Italie)]
  • La Zone du Dehors [Éditions Folio SF]
  • El levir [Éditions Organic]

Interviews

Dormeau

Léna Dormeau

Léna Dormeau est chercheuse indépendante en Philosophie politique et sociale, membre du laboratoire PREFIcs de l’Université Rennes 2, associée sur des projets de recherche relatifs au champs « Corps, Santé, Technologies ». Elle travaille principalement sur la construction des épistémologies dominantes et les processus de subjectivation, adossés au développement des démocraties occidentales.[ Léna s’attache à questionner l’individu dit subalterne, la façon dont il se développe en interrelation avec les structures néolibérales, et s’attarde notamment sur les constructions dites «hors-normes» (en tous cas catégorisées comme telles), en lien avec la santé et la santé mentale. Elle tente d’analyser les mécanismes à l’œuvre au sein des rapports de force et de domination, tant dans l’édification du social qu’à l’intérieur des sujets eux-mêmes. ] Elle est membre de l’association techno-critique Le Mouton Numérique, du collectif montréalais STASIS : groupe d’enquête sur le contemporain, ainsi que du comité de rédaction de la revue Multitudes ".

Bibliographie

  • Brown Wendy, Défaire le dèmos. Le néolibéralisme, une révolution furtive, Paris, Éditions Amsterdam, 2018
  • Citton Yves, L’Économie de l’attention. Nouvel horizon du capitalisme ?, Paris, La Découverte, 2014
  • Gramsci Antonio, Cahiers de prison, Paris, Gallimard, 1978-1996, collection Bibliothèque de philosophie
  • Fanon Frantz, Écrits sur l’aliénation et la liberté, Paris, La Découverte, 2018, collection La Découverte-poche. Sciences humaines et sociales
  • Haraway Donna, Manifeste cyborg et autres essais, Paris, Exils éditeurs, 2007, collection Essais
  • Illouz Eva, Les Marchandises émotionnelles, ouvrage collectif, sous la direction de, Paris, Premier Parallèle, 2019
  • Massumi Brian, Politics of Affect, Cambridge, Polity, 2015
  • Mbembe Achille, Critique de la raison nègre, Paris, La Découverte, 2015, collection La Découverte-poche. Essais

Animateurs

Marc Jahjah

Marc Jahjah est enseignant-chercheur à l’Université de Nantes (culture numérique, pratiques créatives, littérature et hypnographie).

Maître de conférences à l’Université de Nantes depuis septembre 2017 en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC).

Responsable de licence MEDIT (édition jeunesse multisupports et co-responsable du Master « Cultures numériques » de l’Université de Nantes.

Je donne des cours en culture numérique, analyse de l’image, médiation culturelle, veille informationnelle, sémiologie de l’espace éditorial, philosophie de la technique…Parallèlement, je mène des recherches dans un laboratoire d’informatique (LS2N) sur la culture numérique, d’un point de vue méthodologique/épistémologique, ainsi que les pratiques créatives, éditoriales, littéraires.

Depuis avril 2020, je me suis lancé dans le podcast scientifique : un compte rendu audio d’un article paru dans une revue en sciences humaines et sociales. J’ai retrouvé mon plaisir et ma joie à lire et faire de la recherche.

Olivier

Olivier Ertzscheid

Olivier Ertzscheid, né en 1972, est un chercheur français en sciences de l’information et de la communication, qui enseigne en tant que maître de conférences à l'université de Nantes (IUT de La Roche-sur-Yon). Il s'intéresse principalement à l'évolution des dispositifs et des usages numériques, en particulier dans le domaine de la culture, des métiers du livre et de la documentation. Il publie régulièrement dans les médias qui traitent de ces questions ainsi que sur son blog affordance.info.
En tant que chercheur en sciences de l'information et de la communication, Olivier Ertzscheid s'intéresse plus particulièrement aux effets du numérique sur l'écosystème documentaire, depuis la transformation des bibliothèques aux nouvelles pratiques de lecture-écriture, en passant par l'évolution des logiques et des outils d'indexation. Dans cette perspective, il porte une attention soutenue aux choix techniques et stratégiques des grands acteurs du Web, dont il examine l'emprise croissante sur l'ancienne culture du livre comme sur les nouveaux usagers.
S'il en dénonce les dangers potentiels, Olivier Ertzscheid n'est cependant pas un adversaire du Web.
C'est enfin un ardent défenseur des biens communs numériques, de l'open access et du domaine public.

Bibliographie

  • Le monde selon Zuckerberg. Portraits et préjudices, C&F Editions, 2020
  • Le fond de l'air est jaune : comprendre une révolte inédite, Seuil, 2019
  • L'appétit des géants. Pouvoir des algorithmes, ambition des plateformes, C&F Editions,2017
  • Les classiques connectés, Publie.net, 2016
  • Qu'est-ce que l'identité numérique ? : Enjeux, outils, méthodologies, éd. OpenEdition Press, 2013
  • avec Gabriel Gallezot et Brigitte Simonnot, À la recherche de la ”mémoire” du web : sédiments, traces et temporalités des documents en ligne, dans Christine Barats (Dir.), Manuel d'analyse du Web en sciences humaines et sociales, Paris, Armand Colin, 2013
  • Identité numérique et e-réputation, éd. IUT de la Roche-sur-Yon 2011
  • Créer, trouver et exploiter les blogs, éd. ADBS, 2008
  • avec Gabriel Gallezot, Chercher faux et trouver juste (Colloque bilatéral franco-roumain, CIFSIC Université de Bucarest, 2003)