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  • Le 17 mai 2021
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L’Université de Nantes souhaite placer la question de l’accès aux connaissances au cœur de son projet politique. Cet axe fort embrasse naturellement trois volets : la recherche (science ouverte), la formation (éducation ouverte), l’innovation (innovation ouverte). Il questionne aussi le mode de fonctionnement de notre université (données ouvertes, gouvernement ouvert). Des actions ont déjà été entreprises et nous ambitionnons, dans les mois qui viennent, de produire une feuille de route afin d’engager rapidement de nouveaux actes concrets.

Conscient des enjeux de société et fort de la richesse des productions de la communauté universitaire, l’établissement fait de la diffusion de la connaissance à tous un axe politique majeur qui embrasse le cœur de notre mission : la recherche (science ouverte), la formation (éducation ouverte) et l’innovation. Cette approche conduit aussi à interroger le fonctionnement même de l’université à travers les enjeux attachés au gouvernement ouvert, aux données ouvertes, aux logiciels libres.  Carine Bernault, présidente de l'Université de Nantes, explique :

Dans la période complexe que nous traversons, nous mesurons tous l’importance de rendre les connaissances accessibles à tous. L’accélération de la création de connaissances nouvelles, la diffusion de fausses informations, la remise en cause de la parole scientifique, les enjeux interdisciplinaires attachés au développement durable... l’université de Nantes doit permettre à chacun de penser ces sujets pour contribuer à la transformation de la société en s’appuyant sur les connaissances partagées. Ce sujet me tient particulièrement à cœur et constitue un des axes du programme pour lequel j’ai été élue. Lors de la constitution de l'équipe politique, j’ai d’ailleurs souhaité l’inscrire dans l’intitulé même des portefeuilles de certains vice-présidents. Nous avons, à l'Université de Nantes, un vice-président recherche et science ouverte et un vice-président formation et ressources éducatives libres. Cela permet de porter ces sujets et de les incarner. Il est temps d’entrer dans le vif du sujet.

Cette démarche n’est pas isolée. Elle constitue d’ailleurs un socle de valeurs partagées entre les membres de Nantes Université qui ont inscrit dans le préambule des statuts du futur établissement la volonté de promouvoir le libre accès de tous à la connaissance. Les partenaires d’EUniwell ont quant à eux adopté une charte dédiée aux ressources éducatives libres.

À l’échelle internationale, des universités de rang mondial se sont également engagées depuis plus de 15 ans sur ce sujet et une majorité de celles-ci ont adopté une démarche d’ouverture de l’accès à leurs connaissances comme l’Université de Harvard qui propose 118 cours de haut niveau, en ligne et gratuits, celle d’Édimbourg qui développe une politique en matière de Ressources Educatives Libres (REL) et contribue activement à Wikipédia, ou d’autres universités toute aussi prestigieuses comme Stanford, Oxford, Yale, le MIT, ou l’Université Catholique de Louvain.


Des premières initiatives visibles et encourageantes

Depuis quelques années, les pratiques se multiplient au sein de notre établissement autour des démarches « ouvertes ». Ce nouveau vocable qui s’impose aujourd’hui dans le champ de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, revêt plusieurs aspects complémentaires.
 
  • L’engagement du site nantais dans l’éducation ouverte, la science ouverte et l’innovation ouverte est ainsi déjà reconnu, en particulier grâce à la Chaire Unesco « Ressources Educatives Libres et Intelligence Artificielle » (REL), mais également grâce à d’autres initiatives de précurseurs convaincus au sein de notre communauté : des MOOCs très suivis (96 800 personnes ont suivi nos 8 MOOCs entre 2015 et 2020), 49 cours déposés sur deux Universités Numériques Thématiques, des REL disponibles en lien avec nos formations, des expériences pédagogiques partagées sur la plateforme OPeN Initiatives développée par notre CDP, la Clinique de la donnée en santé, Makair le respirateur Open source conçu au début de l’épidémie de COVID, réutilisé aujourd’hui pour la formation, des projets d’innovation ouverte avec de grandes entreprises comme Netflix (récompensé d’un Emmy Awards), l’accueil à Nantes et pour la première fois dans un pays francophone de la conférence internationale Open Education Global en octobre 2021, etc.
     
  • Les nombreuses actions menées pour partager la culture scientifique et technique s’inscrivent naturellement dans ce même mouvement de partage des connaissances telle la Nuit Blanche des Chercheurs...
     
  • Les bibliothèques universitaires jouent évidemment un rôle essentiel dans ce mouvement en accompagnant le déploiement de la science ouverte.
  • La plateforme UNDATA (accès restreint) permet déjà de rassembler, en ligne, tous les chiffres et données clé de l'université.

Une volonté d'aller plus loin

Pour aller plus loin dans cette démarche et l’inscrire dans une vision d’ensemble, l’Université de Nantes s’appuie sur le cabinet de conseil Datactivist. Des échanges sont noués également avec des universités pionnières telle que l’Université Catholique de Louvain.

Se pose naturellement la question du financement de ces actions dans un contexte budgétaire difficile pour l’établissement. Nous saisissons donc toutes les opportunités afin de trouver les moyens de rendre la connaissance plus ouverte. Ainsi, l’appel à manifestation d’intérêt national DemoES (Démonstrateurs numériques dans l’enseignement supérieur) nous permet de présenter notre projet en matière d’éducation ouverte et, nous l’espérons, d’obtenir des moyens afin d’accélérer son déploiement. Nous devrions savoir en juin si nous bénéficierons de moyens supplémentaires pour mener notre action en faveur de l’éducation ouverte. D’autres sources de financement ont été identifiées notamment au niveau européen et spécialement dans le cadre d’Horizon Europe qui met un accent fort sur la science ouverte.